Principe de similitude

Une substance, quelle qu’elle soit, capable de provoquer  à dose pondérable des symptômes pathologiques chez un sujet sain mais sensible, est potentiellement apte, à dose faible, non toxique, et spécialement préparée, de faire disparaître des symptômes semblables chez un patient qui les présente.

 C’est le fameux similia similibus curantur.

 L’homéopathie compare donc deux tableaux:

1. Celui que la substance est capable de créer sur un sujet en bonne santé : c’est la pathogénésie de la substance.
2. Le tableau clinique du patient.
Pour que ce principe de similitude soit correctement appliqué, il faut interroger intelligemment le patient afin de connaître ses symptômes et les modalités de ceux-ci et bien connaître la pathogénésie des remèdes qui est colligée dans la Matière Médicale homéopathique.
Le remède homéopathique nécessite pour agir une méthode de préparation et de dilution qui est bien codifiée.
Le remède doit couvrir à lui seul le maximum de symptômes pathologiques présentés par le patient.
Il existe une prédisposition du patient à l’action du médicament homéopathique. Cette prédisposition est d’autant plus importante que la similitude est forte.
Le remède homéopathique ne peut pas être déterminé uniquement sur le diagnostic d’une maladie. Il nécessite la prise en compte globale des symptômes du sujet.

 Pathogénésies

 La substance expérimentée sur l’homme sain va produire des symptômes physiques et psychiques dont l’association va constituer la pathogénésie de cette substance. Ces symptômes seront complétés par ceux de la toxicologie aigue ou chronique de la substance (s’il s’agit d’une substance toxique). S’ajoutera à cela les symptômes qui sont régulièrement guéris par cette substance et qui représentent l’expérience clinique.
La finesse séméiologique  obtenue par ce type d’expérimentation ne peut l’être que sur l’homme. L’expérimentation animale ne pourrait pas donner de tels résultats.
Les sujets « bons répondeurs » seront ceux qui présentent des symptômes lors de l’expérimentation. Les « sujets sensibles » sont ceux qui réagissent » à l’action du remède.

 Provenance des substances

 Les substances utilisées viennent des trois règnes.

 a)      végétal : fleurs, feuilles, racines, rhizomes, graines, plante entière…
b)      animal : abeille, serpents, crustacés, extraits de secrétions animales…
c)      minéral, chimique, biologique.

L’homéopathie utilise le nom latin des substances qui est le nom scientifique international.
On a voulu expliquer l’action de l’homéopathie par l’inversion d’action selon la dose, plus connue sous le nom de loi d’Ardnt-Schultz encore appelée l’Hormesis : « les fortes concentrations inhibent et les faibles concentrations stimulent ». C’est donc une inversion dose-effet. « L’hormesis ne s’applique qu’à des doses faibles mais pondérables et qu’à certaines substances » (Guermonprez).
Il est certain qu’en pratique, l’action d’inversion selon la dose sera différente selon la substance utilisée et selon la sensibilité du patient.

La Folliculine en dilutions a une action stimulante jusqu’à la 5CH, régulatrice de la 7 à la 12CH et inhibitrice (action antifolliculine), de la 15 à la 30CH.
Nux Vomica, Colocynthis répondront à l’action d’inversion selon la dose.
Sulfur, grand centrifugeur en basse dilution, fera « rentrer » un eczéma en haute dilution, mais son action sur la peau est utilisée en médecine classique en particulier en médecine thermale.
Lycopodium n’a aucune action thérapeutique en médecine classique. Son action remarquable hépato-digestive et cutané n’est mise en évidence que par la technique de dilutions homéopathique.
Solidago, Chelidonium, Carduus marianus, Hamamélis, Aesculus, ont une utilisation homéopathique identique à celle utilisée en phytothérapie.

 Pour conclure, nous dirons que la prescription du remède homéopathique n’est pas chose facile.

-           Le principe de similitude est lié à la matière médicale des remèdes qu’il faut absolument connaître. La matière médicale ne s’apprend pas par cœur, elle nécessite une bonne compréhension globale du remède qui ne peut « sortir » que suite à un bon interrogatoire.

-           La recherche du similimum est indispensable mais il ne faut pas hésiter à donner parfois des remèdes complémentaires, un ou deux simile afin de couvrir l’ensemble des symptômes, sans pour autant tomber dans une cafouillothérapie complexiste qui risque de devenir systématique et qui n’est plus de l’homéopathie. L’utilisation du drainage est une autre histoire. Ce n’est pas du complexisme.

-           Le choix de la dilution est régit par des règles de base que seule la pratique permet de moduler.

-           Enfin pour soigner les cas chroniques, il faut connaître, l’histoire des antécédents personnels et familiaux. Eux seuls permettront de mettre en évidence le terrain et orienteront vers la prescription de remèdes irremplaçables (remèdes de fond et biothérapiques) pour obtenir une amélioration durable, voire une guérison de la maladie.

 Dr JO